Recrutement d’enseignants-chercheurs et chercheurs en guinée, pensions de réversion dues aux familles des défunts enseignants : le SAES apporte des précisions et appelle à une mobilisation générale, les jours à venir
Le recrutement d’enseignants-chercheurs et chercheurs sénégalais en Guinée continue de susciter débat. Après le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, c’est au tour du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) de donner sa position, à l’occasion d’une réunion tenue samedi dernier.
Dans un communiqué, le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) dit avoir pris connaissance de «la liste des cinquante-neuf (59) Sénégalais proposés au recrutement en Guinée, dont quarante-et-un (41) Docteurs sans emploi et six (06) enseignants-chercheurs retraités, soit un total de 80% de l’effectif qui est libre de tout engagement».
Selon le Syndicat, «le reste de l’effectif (20%) correspond à douze (12) enseignants-chercheurs qui sont déjà recrutés par des établissements d’enseignement supérieur public sénégalais, et de ce fait, ne peuvent en aucun cas occuper concomitamment un emploi permanent au sein d’une autre structure publique ou privée, nationale ou internationale», relève le SAES.
«Pour ramener la situation à ses justes proportions, il faut noter que ce nombre ne représente que 0,4% de l’effectif total des enseignants-chercheurs et chercheurs permanents dans les universités publiques sénégalaises, qui s’acquittent au quotidien de leurs tâches administratives, d’enseignement et de recherche», précise le SAES.
A en croire le syndicat, la mobilité et la prise de disponibilité sont possibles. Toutefois, elles demeurent «encadrées par des dispositions légales et règlementaires précisées dans la loi n°81-59 du 09 novembre 1981 portant Statut du personnel enseignant des universités».
Le SAES rappelle également que «les gouvernements du Sénégal et de la Guinée ont déjà signé un protocole d’accord de coopération universitaire et scientifique, le 23 mai 2025, par le biais de leurs ministères des Affaires étrangères respectifs ». Il fait savoir que «ce protocole prévoit la mobilité des enseignants-chercheurs, du personnel d’appui scientifique, technique et administratif et des étudiants».
Dès lors, le SAES demande aux «enseignants-chercheurs et chercheurs, de se conformer strictement à la réglementation», au «Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), conformément à l’engagement du Gouvernement du Sénégal dans le protocole d’accord Gouvernement-SAES du 6 janvier 2023, le recrutement massif de Docteurs sans-emploi, en vue d’atteindre un taux de 70% de permanents et d’augmenter le taux d’encadrement largement en deçà des normes internationales».
Il demande aussi aux «autorités ministérielles et universitaires des deux pays, si elles tiennent encore au protocole susmentionné, de définir les mécanismes de sa mise en œuvre conformément à la réglementation en vigueur dans les pays respectifs».
LA QUESTION DE LA PENSION DE REVERSION
Le SAES a également abordé la question de la pension de réversion due aux familles des défunts enseignants-chercheurs et la retraite des enseignants-chercheurs de nationalité étrangère. À ce sujet, il déplore «que, malgré la signature du Décret 2025-398 du 07 mars 2025 par Monsieur le Président de la République en vue de corriger l’injustice envers les ayants-cause des enseignants-chercheurs disparus, beaucoup d’orphelins, de veuves et de veufs des défunt(e)s collègues ne bénéficient toujours pas de cette pension de réversion, et ce, en dépit des multiples rappels adressés par le SAES au MESRI et au Fonds national de Retraite (FNR)».
Poursuivant son propos, le SAES rappelle que «depuis plus d’une année, le FNR s’oppose à la liquidation et au paiement des pensions de retraite dues aux enseignants-chercheurs retraités de nationalité étrangère alors que ces derniers ont été soumis au même régime de cotisations que leurs collègues sénégalais». Pourtant, insiste le SAES, «ces cotisations ont été prélevées par l’État du Sénégal via les universités publiques et versées au FNR tout au long de leur carrière professionnelle».
«Par conséquent, après de multiples alertes du SAES au MESRI, au FNR, au Ministre des Finances et du Budget (MFB), ainsi qu’au Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), le SN appelle tous les militants à une mobilisation totale dans les jours à venir pour la résolution définitive de ces questions», lit-on dans le communiqué.
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