Koungheul : Le maire Alioune Badara LY placé sous mandat de dépôt, ses avocats dénoncent une procédure « inquiétante »

La situation judiciaire du maire de Koungheul, Alioune Badara Ly, suscite de vives réactions au sein de l’opinion publique et du barreau sénégalais. Placé sous mandat de dépôt par le juge du deuxième cabinet du Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye, l’édile fait face à des accusations d’usage de faux documents cadastraux. Une décision que ses avocats jugent préoccupante et juridiquement contestable.

Au micro de la presse, son avocat, Maître Elhadji Diouf, n’a pas caché son inquiétude face au traitement du dossier. Selon lui, la procédure engagée contre son client soulève de sérieuses interrogations. « Nous sommes profondément inquiets de la tournure que prend cette affaire. Avant toute décision de placement sous mandat de dépôt, il aurait été judicieux que les autorités judiciaires procèdent à des vérifications auprès des services compétents, notamment le cadastre, afin d’établir l’authenticité ou non des documents incriminés », a-t-il déclaré.

Outre les faits liés aux documents cadastraux, le tribunal évoque également une supposée dette de 84 millions de FCFA que le maire devrait à des plaignants. Une accusation que Alioune Badara Ly rejette catégoriquement. D’après ses avocats, le maire affirme n’avoir jamais perçu une telle somme et soutient qu’aucune preuve tangible, ni document de décharge, ne vient étayer ces allégations.

Pour la défense, cette détention provisoire soulève un problème de fond : le respect du principe de la présomption d’innocence. Maître Elhadji Diouf dénonce une mesure excessive. « Garder une personne en détention sans preuve formelle est contraire aux principes fondamentaux de la justice. La présomption d’innocence doit primer », insiste-t-il.

Autre point soulevé par les avocats : la décision du tribunal de maintenir leur client en détention dans l’attente de l’identification de certains fonctionnaires impliqués dans le dossier. Une démarche que la défense juge incompréhensible. « On ne peut pas priver quelqu’un de sa liberté simplement parce que l’enquête se poursuit ailleurs. Cette situation est non seulement inquiétante, mais également déplorable », déplore la robe noire.

Cette affaire relance le débat sur le fonctionnement de la justice au Sénégal, notamment en matière de détention préventive et de respect des droits de la défense. En attendant la suite de l’instruction, le maire de Koungheul reste en détention, tandis que ses avocats annoncent leur détermination à faire valoir ses droits et à obtenir toute la lumière sur cette affaire.

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