19 mars 2000 : 26 ans après, la FNCL et la FNEL appellent à «une vision et de la rigueur» face aux défis actuels
La Fédération Nationale des Cadres Libéraux (FNCL) et la Fédération Nationale des Enseignants Libéraux (FNEL) ont tenu une conférence de presse, ce jeudi, pour commémorer le 19 mars 2000, date de la première alternance démocratique du Sénégal. Au-delà du devoir de mémoire, les deux organisations ont dressé un bilan contrasté des transformations engagées sous la présidence d’Abdoulaye Wade, tout en exprimant de vives inquiétudes face à la situation actuelle du pays.
Un héritage de transformations
Revenant sur le contexte de l’an 2000, les responsables des deux fédérations ont décrit un Sénégal confronté à une économie fragile, un chômage massif, une dette publique dépassant les 60 % du PIB et un système éducatif en crise. « C’est dans ce contexte que le Président Abdoulaye Wade a pris ses responsabilités », ont-ils rappelé, saluant une « ère de transformation et de modernisation » marquée par des infrastructures majeures (routes, autoroutes, aéroport) et une ouverture sur le monde.
Ils ont également mis en avant le rôle joué selon eux par Karim Wade dans la mise en œuvre de ces projets, évoquant « une maîtrise des grands projets » et « une capacité à mobiliser des ressources » qui ont permis d’inscrire le Sénégal « dans une nouvelle dimension ».
Une inquiétude sur la gouvernance actuelle
Si les conférenciers ont salué les avancées de la période 2000-2011, ils ont en revanche dressé un tableau sombre de la situation présente. Selon eux, le pays fait face à « des difficultés sérieuses » : endettement préoccupant, manque de visibilité stratégique, et détérioration des conditions de vie des jeunes, agriculteurs et travailleurs.
Ils ont notamment pointé du doigt la récente levée de fonds de 650 millions d’euros par emprunts non divulgués, exigeant « la publication régulière du bulletin statistique de la dette ». Le constat est sans appel : « Le Sénégal semble avancer sans cap clair, sans stratégie lisible, sans vision structurée. »
Face à cette situation, la FNCL et la FNEL appellent à un retour à la « compétence, rigueur et vision », estimant que le pays a besoin d’expertise et de leadership pour sortir de l’« improvisation ».
Appels à une diplomatie plus offensive
Sur le plan international, les deux structures ont mis en garde contre les répercussions des tensions au Moyen-Orient, qu’elles jugent susceptibles d’affecter l’économie nationale à travers la hausse des prix du pétrole et des pressions sur le pouvoir d’achat. Elles appellent le gouvernement à « anticiper les effets de cette situation » et à préparer « une stratégie nationale de riposte efficace », loin des « débats politiciens et électoralistes ».
Par ailleurs, elles ont plaidé pour un retour à une diplomatie sénégalaise plus influente, appelant les autorités à œuvrer pour la libération des compatriotes détenus à l’étranger, à renforcer la transparence dans les instances sportives africaines, et à défendre les intérêts du Sénégal sur la scène internationale.
« L’héritage est une responsabilité qui nous oblige »
En conclusion, les intervenants ont estimé que la crise actuelle, par sa complexité et sa profondeur, « va probablement durer pendant quelques années », avertissant que même si des solutions étaient trouvées, « les premiers effets du redressement économique et social ne pourront être ressentis avant au moins trois années ».
Ils ont toutefois tenu à recentrer le message : « En commémorant le 19 mars 2000, nous ne regardons pas le passé avec nostalgie. Nous regardons l’avenir avec exigence. Parce que cet héritage n’est pas un souvenir. C’est une responsabilité, et cette responsabilité nous oblige. »
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