Ziarra générale de Tivaouane : Legs de Maodo, critiques contre les «Tarikhas» et crise énergétique au menu

(Lesoleil.sn) – La 96e édition de la Ziarra générale de Tivaouane a eu lieu hier, dimanche 12 avril 2026. Venu représenter le gouvernement, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a donné des assurances sur la préservation du legs des guides religieux. Il a aussi évoqué la crise énergétique internationale qui menace tous les pays et les efforts du gouvernement pour l’endiguer

TIVAOUANE – Des milliers de fidèles ont afflué, hier, dimanche 12 avril, à Tivaouane pour la traditionnelle Ziarra générale. Un moment pour les fidèles tidianes de communier avec leur guide religieux, mais aussi de recueillir prières et bénédictions. Serigne Pape Makhtar Kébé a transmis le message du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, qui prône le retour aux valeurs cardinales de l’Islam et à l’éducation des jeunes.

Le guide de la communauté tidiane a encore fustigé les dérives sur les réseaux sociaux où des propos malveillants sont souvent proférés contre les hommes de Dieu et d’honnêtes citoyens. Toujours par la voix de Serigne Pape Makhtar Kébé, Serigne Babacar Sy Mansour a formulé des prières pour la paix dans le monde, surtout au Moyen-Orient.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, accompagné du ministre-conseiller Ousseynou Ly, du délégué général aux Affaires religieuses, Djim Dramé, du gouverneur Saer Ndao et du préfet Mamadou Guèye, s’est félicité de la bonne organisation de la Ziarra. Il a déclaré, lors de la cérémonie officielle, que Serigne Babacar Sy, initiateur de la Ziarra générale, «au-delà de sa dimension religieuse, dépasse le temps et l’espace en termes d’aura, du point de vue du savoir et de la science». Le ministre a aussi magnifié l’oeuvre du premier Khalife d’Elhadji Malick Sy, qui a su combiner le spirituel et le temporel.

Réagissant à l’interpellation de Serigne Moustapha Sy Al Amine, président du Comité d’organisation de la Ziarra, Mouhamadou Bamba Cissé a rappelé que «Tivaouane est une cité que l’État a toujours pris en considération». En fait, dans son intervention, le guide religieux a dénoncé les attaques répétées visant les confréries religieuses du pays. Le président du Comité d’organisation de la Ziarra a exprimé son indignation suite à l’émission «Xunt Mii» sur la Rts où un invité s’est ouvertement attaqué aux fondements des «tarikhas».

Qualifiant ces dérives d’ «inacceptables», il a fustigé des propos qui, selon lui, portent atteinte à la stabilité spirituelle du pays. Serigne Moustapha Sy Al Amine a tenu à rappeler le rôle crucial et l’importance historique des confréries dans la cohésion de la société sénégalaise. Dans un avertissement sans équivoque, il a mis en garde ceux qu’il désigne comme des «farfelus», les accusant de vouloir jeter le discrédit sur les piliers de l’Islam. Pour le guide, s’attaquer aux confréries revient à fragiliser l’essence même de la foi et du vivre-ensemble au Sénégal. Réagissant à ce propos, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a rappelé que cette dérive a été suivie de mesures prises par la direction générale de la télévision nationale qui a pris la décision de suspendre l’émission.

Toutefois, Mouhamadou Bamba Cissé a tenu à rassurer la famille d’El Hadj Malick Sy Maodo, soulignant le rôle prépondérant des «tarikhas» dans la stabilité du pays. «Le gouvernement ne laissera personne remettre cela en cause. L’État va tout faire pour qu’à travers la religion, la paix perdure dans le pays», a-t-il promis. Et d’ajouter : «Le gouvernement n’acceptera jamais qu’on remette en cause le legs de nos guides religieux, qui est le socle de notre stabilité». Dans cette dynamique, Serigne Moustapha Sy Al Amine a lancé un appel aux «dahiras» et fédérations pour défendre la «khadra» et ses dignitaires.

Crise au Moyen-Orient
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a également évoqué, lors de la cérémonie officielle, la crise au Moyen-Orient et ses conséquences sur le continent africain. Il a fait remarquer que «le Sénégal n’a pas encore ressenti l’impact de cette guerre, comme c’est le cas en Mauritanie, où les prix du carburant et de l’électricité ont augmenté, et en France où presque 15 % des stations-service sont fermées». Mouhamadou Bamba Cissé a alerté néanmoins sur l’existence d’une crise énergétique mondiale du fait du blocage du détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre opposant la coalition américano-israélienne à l’Iran. Si les prix n’ont pas bougé au Sénégal, a-t-il assuré, c’est grâce aux efforts du gouvernement, sur instructions du président de la République et du Premier ministre.

Selon lui, ces derniers ont demandé de retarder, autant que faire se peut, la répercussion de la vérité des prix sur les consommateurs. «Voilà presque deux semaines que les prix auraient dû augmenter, mais le gouvernement a maintenu les subventions. Les Sénégalais n’ont pas encore senti le basculement, mais cela pourrait arriver dans quelques jours», a informé le ministre.

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