Contentieux AEE Power : Me Dior Diagne démonte la thèse d’une résiliation par l’État

Lors d’une conférence de presse tenue mardi 5 mai, Me Dior Diagne, avocate de Seydou Kane, a livré une lecture juridique tranchée du différend opposant AEE Power Sénégal à ses partenaires, rejetant toute implication directe de l’État dans une supposée résiliation de contrat.

Face à la presse, Me Dior Diagne a tenu à clarifier ce qu’elle considère comme une confusion entretenue autour du dossier AEE Power Sénégal. D’emblée, l’avocate a réfuté catégoriquement l’idée selon laquelle l’État du Sénégal aurait résilié le contrat liant les parties. « Il n’y a pas de résiliation du contrat d’AEE Power par l’État du Sénégal. C’est juridiquement impossible », a-t-elle martelé, rappelant qu’une entité ne peut rompre un contrat auquel elle n’est pas partie.

Dans la foulée, elle a contesté toute tentative de dédouaner l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Selon elle, cette structure joue un rôle central dans la mise en œuvre du projet. « L’ASER est le maître d’œuvre de tout ce processus. Tout se fait sous son autorité. Elle ne peut pas dire qu’elle a les mains blanches », a-t-elle insisté, pointant la responsabilité de l’agence en tant qu’organe de supervision.

Sur la rupture des relations contractuelles, la défense de Seydou Kane avance une version bien différente de celle largement relayée. Me Dior Diagne affirme que la décision émane de la firme étrangère AEE Power OPCI, et non des autorités publiques. Elle a également mis en lumière un point technique majeur : AEE Power Sénégal exécutait 60 % des travaux, bien au-delà du seuil légal de sous-traitance fixé à 40 %. « Nous ne sommes plus dans une sous-traitance, mais dans une co-traitance », a-t-elle précisé, une qualification juridique susceptible de modifier en profondeur les responsabilités en cas de litige.

Ce projet d’électrification concerne plusieurs régions du pays, notamment Kaffrine, Kolda, Saint-Louis, Tambacounda et Kédougou. Pour la défense, l’essentiel dépasse le cadre du conflit contractuel. « La véritable question est celle du sort réservé aux fonds publics et aux populations bénéficiaires », a souligné l’avocate.

Enfin, abordant les accusations de faux et usage de faux liées à des quittances, Me Dior Diagne a dénoncé ce qu’elle qualifie d’incohérence. Elle rappelle que le projet bénéficie d’une exonération fiscale, rendant selon elle illogique toute réclamation de frais d’enregistrement. « Comment peut-on réclamer des frais dans un projet exonéré d’impôts ? », s’est-elle interrogée, avant de conclure en exprimant sa confiance dans la justice sénégalaise : « S’il y avait réellement faux, la justice aurait déjà tranché ».

Share this content: