SENELEC : L’intersyndical des travailleurs exige le paiement de la PRAB et menace
Le climat social s’alourdit brutalement au sein de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec). Réunie sous la bannière de la Convergence Syndicale des Travailleurs de Senelec (CSTS), qui regroupe le SUTELEC, le SUDETEN, le SYNTES et le SYCAS, l’intersyndicale vient de lancer un avertissement électrique à la direction et à l’État du Sénégal, en proclamant : « AT-TENSION 2026 KILOVOLTS : Qui s’y frotte, s’y pique !!! »
Au cœur de cette vive indignation se trouve la remise en cause du paiement de la Prime sur le Résultat Annuel Bénéficiaire (PRAB). Cet avantage, qualifié d’acquis historique et régi par l’usage en droit social, est aujourd’hui menacé par l’introduction de nouveaux critères financiers comme les ratios d’endettement ou la solvabilité fiscale. Une interprétation qualifiée d’opportuniste que la CSTS rejette en bloc, rappelant que la prime dépend uniquement de la certification des bénéfices par les commissaires aux comptes. Les travailleurs refusent catégoriquement de servir de variable d’ajustement.
Pour les syndicats, les tensions financières de l’entreprise ne doivent pas être imputées aux salariés, qui ont multiplié les sacrifices pour hisser la Senelec à des performances historiques. La CSTS pointe directement la responsabilité des pouvoirs publics et de tiers débiteurs à travers des chiffres vertigineux. Elle dénonce plus de 182 milliards de francs CFA de factures impayées par l’administration et les collectivités, 391 milliards de compensations tarifaires dues par l’État, près de 60 milliards de créances liées aux exportations de courant et 9 milliards dus par les concessionnaires ruraux. S’ajoute une charge de 18 milliards entièrement supportée par la Senelec suite à la baisse des tarifs décidée par le gouvernement en 2025.
Face à ce qu’elle qualifie de flagrante injustice, la CSTS exige le paiement immédiat de la PRAB et le règlement diligent des dettes de l’État. Elle prévient que toute tentative de régression sociale franchirait une ligne rouge et déclencherait une riposte proportionnelle. Un calendrier de mobilisation nationale a immédiatement été décrété. Jeudi 09 juillet, publication officielle de la déclaration syndicale ; lundi 13 juillet, port obligatoire de brassards rouges dès 07h30 sur tout le territoire, suivi d’une conférence de presse à 11h à la Cité Keur Gorgui ; mardi 14 juillet, tenue d’une assemblée générale décisive à 16h30 au siège de Vincens pour fixer le mot d’ordre des quatre secrétaires généraux. Le ton est donné. Si la CSTS se dit ouverte au dialogue, elle refuse qu’il serve de manœuvre dilatoire. Le bras de fer ne fait que commencer.
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