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Affaire Nourah Ba : deux plaintes, des vérifications sur son état civil et une éventuelle information judiciaire

L’étau judiciaire se resserre autour de Mariama Ba, alias Nourah Ba. Interpellée la semaine dernière à Dakar par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), l’influenceuse a été déférée au parquet lundi 12 octobre 2026 pour des faits présumés de discours contraires aux bonnes mœurs et d’injures visant un groupe de personnes en raison de leur origine nationale. Cette procédure fait suite à des publications controversées diffusées sur les réseaux sociaux et visant notamment des autorités sénégalaises et religieuses.

Des explications et des excuses devant les enquêteurs

Lors de son audition par les enquêteurs de la DSC, Mariama Ba aurait reconnu être l’auteure de l’une des publications incriminées, tout en contestant la paternité d’un second message. Selon les informations rapportées par la presse, elle a expliqué avoir réagi sous le coup de la colère, après des commentaires qu’elle jugeait insultants et qu’elle attribuait à des internautes présentés comme des sympathisants du député Tahirou Sarr.

Concernant l’autre publication, l’influenceuse aurait soutenu que ses écrits avaient été modifiés à l’aide de l’intelligence artificielle. Elle aurait également précisé que certaines expressions employées ne visaient pas le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, mais une autre personne. Au cours de son audition, elle aurait enfin présenté ses excuses aux personnes qui se sont senties offensées par ses propos. Ces éléments correspondent à sa version rapportée par les médias et ne préjugent pas de l’appréciation qu’en fera la justice.

Tahirou Sarr et Thierno Birahim Ndao annoncent des plaintes

Le dossier prend également une nouvelle dimension avec l’annonce de démarches judiciaires de la part du député Tahirou Sarr et de Thierno Birahim Ndao, président du Collectif des victimes d’usurpation d’identité. D’après Seneweb, les deux hommes entendent se constituer parties civiles et ont engagé des démarches par l’intermédiaire de leurs avocats.

Cette initiative pourrait contribuer à élargir le volet judiciaire de l’affaire, au-delà des premières infractions présumées ayant motivé l’interpellation de l’influenceuse. La suite dépendra notamment des actes de procédure engagés par le parquet et des décisions prises par les autorités judiciaires.

Les documents d’identité dans le viseur des enquêteurs

Autre développement important : les autorités cherchent à vérifier les conditions dans lesquelles Nourah Ba a obtenu ses documents d’identité sénégalais, notamment sa carte nationale d’identité et son passeport.

Des vérifications auraient été demandées auprès de la mairie de Nguidilé, dans le département de Louga, présentée comme son lieu de naissance déclaré, ainsi qu’auprès de la Direction de l’automatisation du fichier (DAF).

Toutefois, selon des informations publiées le 13 octobre, la mairie de Nguidilé indique ne pas encore avoir reçu la réquisition officielle de la Division spéciale de cybersécurité. Son service d’état civil affirme néanmoins être mobilisé pour effectuer les contrôles nécessaires et précise que les résultats seront communiqués en priorité aux autorités compétentes. À ce stade, aucune irrégularité dans l’obtention de ses documents ne peut donc être tenue pour établie.

Un malaise en garde à vue

La procédure a également été marquée par un incident médical. Selon Seneweb, Nourah Ba a été évacuée à l’hôpital Principal de Dakar après avoir été victime d’un malaise pendant sa garde à vue. Les examens médicaux rapportés par le média n’auraient révélé aucun élément particulier.

Après son déferrement, l’influenceuse a fait l’objet d’un retour de parquet et devait être présentée de nouveau au procureur. Cette étape laisse les suites immédiates de la procédure en attente de clarification.

Une affaire dont les suites restent attendues

Entre les publications contestées, les plaintes annoncées et les vérifications relatives à son état civil, l’affaire Nourah Ba comporte désormais plusieurs volets. L’éventuelle ouverture d’une information judiciaire devra permettre d’approfondir les faits reprochés et d’examiner les éléments recueillis au cours de l’enquête.

En attendant les décisions officielles du parquet et, le cas échéant, du juge d’instruction, les accusations portées contre l’influenceuse demeurent des faits présumés. Les vérifications sur ses documents d’identité ne constituent pas non plus, à elles seules, la preuve d’une irrégularité.

Les prochaines décisions judiciaires seront donc déterminantes pour préciser l’orientation du dossier et les responsabilités éventuellement établies.

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