Sonko annonce d’autres enquêtes parlementaires visant le dossier ASER et quatre autres affaires
Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, a annoncé une série d’enquêtes parlementaires d’envergure visant plusieurs dossiers financiers et miniers majeurs de ces dernières années. Cette initiative, portée par des propositions de résolution du groupe parlementaire de la majorité PASTEF, promet de secouer le paysage politique sénégalais.
Cinq grands fronts d’enquête ouverts
Les propositions de résolution ciblent des secteurs stratégiques et des programmes publics ayant suscité d’importantes controverses :
• L’affaire de l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (ASER) : Un dossier chiffré à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA qui sera passé au crible par les députés.
• Les contrats pétroliers et gaziers : L’Assemblée nationale souhaite faire la lumière sur les conditions d’attribution, de transfert et de retrait de blocs pétroliers et gaziers impliquant des entités telles que PetroTim, Kosmos et Woodside.
• Les fonds spéciaux : La gestion des fonds politiques et des budgets d’institutions publiques, y compris ceux de la Primature, sera auditée.
• La gestion des inondations : Le bilan et l’utilisation des fonds du Programme décennal de lutte contre les inondations feront également l’objet d’investigations approfondies.
• Partenariats et accords internationaux : Les projets financés par Banco Santander ainsi que l’accord sanitaire liant le Sénégal et les États-Unis sont également dans le viseur de la majorité.
« Une commission d’enquête n’est pas un tribunal »
Face aux députés, Ousmane Sonko a tenu à clarifier le rôle et le cadre juridique de ces futures instances. « Une commission d’enquête n’est pas un tribunal », a-t-il insisté, rappelant que la mission du Parlement consiste à établir des faits, situer les responsabilités et émettre des recommandations. Il a toutefois précisé que si des soupçons d’actes délictueux ou de détournements étaient étayés, le procureur de la République serait immédiatement saisi. Le président de la chambre basse a également exhorté les parlementaires à mener les auditions dans la rigueur et le strict respect des personnes convoquées.
L’opposition dénonce une « instrumentalisation politique »
Cette offensive parlementaire a immédiatement suscité de vives réactions au sein des bancs de l’opposition. Le député Abdou Mbow, figure de l’Alliance pour la République (APR), est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de l’appareil législatif à des fins de règlement de comptes politiques. Évoquant le principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs, l’opposition estime que l’Assemblée nationale tente d’empiéter sur le terrain judiciaire, certains de ces dossiers faisant déjà l’objet de procédures ou d’enquêtes judiciaires en cours.
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