Débat sur la mobilité académique : Le Ministère Sénégalais cadre le recrutement d’universitaires en Guinée

Un vif débat anime le monde universitaire sénégalais concernant le recrutement d’enseignants-chercheurs par la Guinée. D’un côté, des voix comme celle du Pr Meissa Diakhaté défendent cette mobilité comme un vecteur de rayonnement régional. De l’autre, d’éminentes figures, dont l’ancien recteur Ibrahima Thioub, y voient une forme de « travail au noir internationalisé » susceptible de fragiliser les universités publiques sénégalaises.

Face à ces polémiques, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) a tenu à apporter des clarifications officielles. Il réaffirme que la mobilité académique, bien que pratique historique et légitime, doit impérativement s’exercer dans le cadre juridique régissant la fonction publique sénégalaise. Le ministère rejette les notions de « fuite des cerveaux » ou de perte d’attractivité du système national.

Le Mesri a ainsi instruit les recteurs d’universités de veiller au strict respect des textes, notamment la loi n° 61-33 sur le statut général des fonctionnaires, qui consacre le principe de l’exclusivité de l’emploi public, et la loi n° 81-59 portant statut spécifique du personnel enseignant universitaire, régissant les modalités de mise hors cadre.

« Un enseignant-chercheur sénégalais en activité ne saurait être engagé par contrat dans la fonction publique d’un autre pays, en dehors des mécanismes de coopération dûment ratifiés et des fonctions de service prévues par la règlementation », a précisé le ministère.

Pour étayer sa position, le Mesri a souligné l’attractivité des universités publiques sénégalaises dans la sous-région, se targuant d’un « milieu académique de qualité » et de « rémunérations parmi les plus élevées » de l’espace francophone subsaharien. Il a cité comme preuve l’afflux d’universitaires d’Afrique et d’Europe y choisissant de travailler.

Concernant les relations avec la Guinée, le ministère a rappelé l’existence d’un cadre structuré : un protocole d’accord signé le 23 mai 2025, visant à concrétiser l’intégration africaine par la mobilité étudiante et enseignante. Un comité de suivi sera chargé de définir et publier prochainement les modalités pratiques de cette coopération.

En conclusion, tout en saluant le dévouement de la communauté universitaire, le Mesri a lancé un appel à la responsabilité collective pour préserver la stabilité et l’excellence des institutions d’enseignement supérieur sénégalaises.

Buur Sine

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