Pape Thiaw le guerrier – Par Abdoulaye Dieng, Entrepreneur

Le Sénégal est en fête. Mais au-delà du trophée, cette victoire raconte davantage qu’un succès sportif. Elle révèle une posture, une identité, une valeur profondément ancrée dans notre histoire collective : le Diom, Fouleu ak Fayda. Une victoire morale avant d’être sportive, qui dit ce que nous sommes lorsque nous refusons de plier.

Au cœur de ce moment historique se tient un homme : Pape Thiaw. Un entraîneur qui n’a pas seulement conduit une équipe, mais qui a incarné le courage de dire non. Lorsque tout semblait réuni pour que la coupe reste au pays organisateur, lorsque l’arbitrage multipliait les décisions contestables, Pape Thiaw a refusé l’inacceptable. Il a posé un acte fort, assumé, sans calcul. Un acte d’honneur.

Ce refus n’était ni impulsif ni émotionnel. Il relevait d’une conviction profonde. Et c’est précisément cette posture qui a redonné force et fierté à ces jeunes lions. Libérés, sans complexe, conscients de défendre bien plus qu’un score, ils ont répondu sur le terrain avec maturité, discipline et détermination.

Il faut le dire clairement, sans détour : le Sénégal a été supérieur au Maroc sur tous les plans. Mentalement, en tenant malgré la pression. Tactiquement, par la rigueur. Physiquement, par l’endurance. Collectivement, par la solidarité. Cette victoire est construite, méritée et pleinement assumée.

Le contexte était pourtant loin d’être neutre. Le Maroc, notre Habibi, pays organisateur et acteur influent des instances africaines, évoluait dans un environnement naturellement favorable. En s’imposant dans ces conditions, le Sénégal est conscient que cette victoire peut susciter des réactions au sein de la CAF. Mais le Sénégal est prêt : nous sommes une nation capable de faire face, avec sérénité, sans peur ni soumission.

Cette capacité à dire non lorsque l’essentiel est en jeu dépasse le cadre du sport. Elle traverse aujourd’hui d’autres sphères de la vie nationale et s’exprime aussi dans le rapport du Sénégal à toute pression extérieure. Dire non au Fonds monétaire international lorsque les exigences ne sont pas compatibles avec l’intérêt national, c’est affirmer une souveraineté assumée. Le couple Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko incarne cette ligne de fermeté et de cohérence : celle d’un pays qui dialogue, mais ne se soumet pas, et qui choisit l’unité comme force.

Le peuple sénégalais est fier. Fier de ses lions. Fier de son entraîneur. Fier d’une victoire acquise sans arrangement ni renoncement. Ce succès envoie un message clair : le Sénégal peut gagner en restant fidèle à lui-même.

L’heure est à l’unité. Tout est désormais en place pour hisser le Sénégal au sommet. Cette victoire, largement méritée, appartient à toute la nation et engage notre responsabilité collective. Lorsque nous sommes unis, déterminés et fidèles à nos valeurs, rien ne peut nous arrêter. Avançons ensemble, avec confiance et patriotisme, conscients que chaque geste compte, que chaque parole engage, et que le peuple observe, comprend et se souvient. Et tant que nous resterons du côté de la dignité et de la vérité, Dieu sera, comme toujours, avec nous.

Vive le Sénégal. 🇸🇳

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