PONCTION SUR SALAIRES : L’INJUSTICE DE TROP (Soreu Malick Diop)

Voilà donc la réponse de l’État : la ponction sur les salaires.
Au lieu d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations légitimes des enseignants, on choisit la sanction financière.
Au lieu du dialogue, on brandit la retenue.
Cette décision ne règle rien. Elle aggrave la fracture et installe un sentiment d’injustice profond.

Monsieur le Premier ministre, devant l’Assemblée nationale, vous avez déclaré : « Nous ne donnons pas ce que nous n’avons pas… Ne me poussez pas à bout. »
Permettez-nous de clarifier une chose essentielle :
nous ne demandons pas ce que l’État n’a pas.
Nous ne réclamons pas d’augmentation fantaisiste.
Nous demandons :
1. La correction des dysfonctionnements du système de paiement salarial dans la fonction publique ;
2. Le rappel de notre dû, bloqué par des lenteurs administratives que nous dénonçons depuis des années ;
3. L’arrêt des surimpositions injustifiées sur ces rappels ;
4. Le respect des accords librement signés.
Il ne s’agit ni de caprice ni de surenchère. Il s’agit de justice administrative et d’équité fiscale.

Que l’on ne tente pas de nous opposer au peuple. Stop aux manipulations et à la diabolisation !
Les enseignants sont le peuple. Nous vivons dans les mêmes quartiers, fréquentons les mêmes marchés, partageons les mêmes difficultés. Lorsque nos salaires sont amputés, ce sont des familles entières qui en subissent les conséquences.

Pendant que l’on parle de rigueur aux enseignants, l’appareil d’État (ministres, députés, directeurs d’agences, hauts responsables) évolue dans un système où favoritisme, privilèges et fonds politiques alimentent un train de vie sans commune mesure avec les sacrifices exigés à la base.
La rigueur doit être équitable ou elle devient suspecte.

La retenue sur salaire ne fera pas taire la revendication. Elle la rendra plus visible.
Car ce que nous défendons dépasse nos bulletins de paie : c’est la crédibilité de l’État, la transparence de la gestion publique et la dignité du service public.

Enseignants, restons unis, lucides et déterminés.
La lutte n’est pas un choix de confort ; elle devient une nécessité quand le dialogue est ignoré.
Seule la mobilisation responsable et solidaire permet d’obtenir justice.

Pour la dignité. Pour l’équité. Pour l’école.

Soreu Malick Diop, Instituteur

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