Tension au sein de Pastef: Ousmane Sonko rassure, et fait des révélations
Le leader du parti Pastef et actuel Premier ministre, Ousmane Sonko a tenu une réunion virtuelle ce dimanche pour mettre fin aux spéculations sur les tensions au sein du parti et du tandem exécutif. Affirmant que « tout est clair » désormais, il a détaillé les divergences de vues ayant entouré l’invitation des députés au Palais par le Président Bassirou Diomaye Faye.
Tout en réaffirmant la solidité du parti, il a révélé les détails de son désaccord avec le Président de la République concernant l’accueil des députés au Palais pour le « Ndogou »,rupture de jeune collective, rappelant que nul, pas même lui, n’est au-dessus des règles de l’organisation du Pastef.
Ousmane Sonko a d’emblée balayé les spéculations sur les tensions au sein de sa formation politique : « Les salives ont beaucoup coulé sur une prétendue tension au sein du Pastef. Je tiens à vous dire que ce n’est plus un problème, on avait besoin de clarification et comme maintenant tout est clair, je pense qu’il n’est plus nécessaire de s’y attarder ». Selon lui, le parti a déjà survécu au pire sous l’ancien régime qui « utilisait même les forces de défense et de sécurité, l’administration et justice à leur guise ». Fort de cette résilience, il assure que le projet aboutira car « le peuple nous fait confiance et le Bon Dieu est au contrôle ».
Les coulisses du différend sur la rencontre au Palais
Le point de friction majeur révélé concerne l’invitation des députés par le Président Bassirou Diomaye Faye. Ousmane Sonko a confessé son opposition franche : « Quand le président m’a informé qu’il allait inviter les députés, je lui avais dit que ce n’était pas une bonne idée, si ça ne tenait qu’à moi, ça n’aurait pas lieu ».
Il a justifié cette position par deux arguments précis remis au Chef de l’État :
La sacralité des lieux : « Je lui ai rappelé que nous avions promis de ne pas transformer le Palais de la République en siège de parti politique. Je te suggère de le faire dans un hôtel de la place ».
L’utilité du débat : « Si c’est les réunir pour réitérer les propos que tu as toujours tenus devant eux, là ça ne vaut pas la peine. Parce que ces députés sont les plus libres et en plus l’Assemblée nationale forme les politiques ».
Ousmane Sonko craignait également que la rencontre ne « vire autrement » et que certains députés se voient dans « l’obligation de rendre compte aux populations ». Face à cela, le Président Faye a maintenu sa décision, arguant que « comme chacun reçoit ses hôtes chez lui, lui il habite au palais donc c’est là-bas qu’il va les recevoir ».
La répartition des pouvoirs : État vs Parti
Le leader du Pastef a apporté des précisions sur la hiérarchie. S’il avait validé la rencontre avec les coordonnateurs, tout en choisissant de n’y « partager que quelques instants » car il savait qu’il n’y était « pas le bienvenu », il a rappelé une règle fondamentale. « Le Président Diomaye ne peut pas rencontrer les responsables de Pastef sans mon aval, parce que je suis le Président du parti ».
« Quand on parle État c’est lui le président, il y a des choses que moi je ne peux faire sans son aval comme il y a des choses concernant le parti qu’il ne puisse faire sans mon accord », a-t-il souligné.
Une mise en garde contre l’indiscipline interne
Ousmane Sonko a martelé que le parti prime sur les individus. « Ce n’est pas le parti qui va à la recherche des militants qui que tu puisses être. Même moi Ousmane Sonko, si jamais je vais à contre-courant des règles du parti c’est le parti qui va me convoquer pour me rappeler à l’ordre ».
Il a également démenti l’idée d’un duel personnel, « Le problème c’est pas Sonko et Diomaye, c’est le parti Pastef dans sa totalité. Il n’y a pas de confrontation, il faut qu’on arrête les doubles jeux ». Il a précisé avoir vu venir les problèmes que d’autres « n’imaginaient pas » et que la mise à nu de la situation est une bonne chose pour connaître « la position de chacun ».
Appel au travail et à la discipline
Ousmane Sonko a exhorté les militants à la retenue. « Je demande aux militants de Pastef de ne pas se laisser emporter par certaines déclarations, ne pas répondre à tout, rester concentrés sur l’essentiel ». Rappelant que « la politique ne ment pas, elle ne te donne que le résultat de ton travail », il a demandé de suivre ses récentes directives. Portant désormais les « deux casquettes » (politique et État), il a assuré qu’il ne resterait pas dans le « mutisme » s’il y avait d’autres choses à révéler.
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