POUR UNE CONSTITUTION STABLE AU SERVICE DE LA NATION (Par Soreu Malick Diop)

La Constitution est le socle de l’État de droit.
Elle fixe les règles du jeu démocratique, garantit les libertés fondamentales et organise le fonctionnement des institutions.
Parce qu’elle est la norme suprême, elle ne devrait jamais être l’otage des intérêts politiques du moment.

Pourtant, dans notre pays, la constitution est régulièrement modifiée au gré des alternances politiques.
Chaque nouveau pouvoir est tenté d’y apporter des changements qui répondent davantage à ses priorités immédiates qu’à une vision durable de l’intérêt général. Cette pratique fragilise les institutions, nourrit la méfiance des citoyens et affaiblit le caractère sacré de la loi fondamentale.

Il est donc temps d’engager une vaste concertation nationale associant le pouvoir, l’opposition, la société civile, les autorités religieuses et coutumières, les universitaires ainsi que toutes les forces vives de la Nation.
Une Constitution durable ne peut être l’œuvre d’un seul camp politique ; elle doit être le fruit d’un consensus national.
Cette concertation devrait aboutir à une réforme profonde de notre Constitution, pensée non seulement pour répondre aux défis actuels, mais aussi pour résister à l’épreuve du temps.
Notre pays a besoin d’une charte fondamentale qui transcende les générations et les alternances politiques.

Parmi les innovations à envisager, une disposition mérite une attention particulière : toute modification de la Constitution ne devrait entrer en vigueur qu’à l’issue d’un délai de cinq ans après son adoption.
Une telle règle présenterait plusieurs avantages. D’abord, elle découragerait les révisions motivées par des intérêts immédiats ou des calculs électoraux.
Ensuite, elle obligerait les décideurs à réfléchir à long terme, sachant qu’ils ne seraient pas les premiers bénéficiaires des changements qu’ils proposent.
Enfin, elle renforcerait la stabilité institutionnelle et préserverait la crédibilité de notre loi fondamentale.

Une Constitution ne doit pas être rédigée pour servir un régime ou une majorité.
Elle doit protéger la Nation, aujourd’hui comme demain.
Elle appartient au peuple et non aux gouvernants.
Les hommes passent, les institutions demeurent.
C’est pourquoi notre Constitution doit être conçue pour résister aux passions politiques du présent et garantir l’équilibre de l’État pour les générations futures.

Le moment est venu d’ouvrir ce débat avec responsabilité, sérénité et ambition.
Car une démocratie forte repose avant tout sur une Constitution stable, respectée et véritablement au-dessus des contingences politiques.

Soreu Malick Diop, citoyen engagé pour le Sénégal

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