«Avec 5 000 F, je ne peux plus rien faire» : le cri d’alarme des ménages dakarois

C’est une marée de calebasses vides et de bols retournés qui a déferlé dans l’artère allant de Castor au rond point Jet d’eau
de Dakar, ce samedi.

Ces objets du quotidien étaient brandis par des manifestants déterminés à alerter sur leur perte de pouvoir d’achat. Venus de différentes localités, il étaient unis par une même rengaine : « Dund gi dafa seer » (la vie est chère).

Parmi la foule, les visages racontent la détresse. Kiné Guèye, une pancarte « Les veuves souffrent » à la main, marchait avec une calebasse renversée sur la tête, dénonçant le fardeau des charges (loyer, eau, électricité) qui pèse sur les femmes seules sans emploi. À ses côtés, Mame Binta Fall, retraitée, serrait son panier vide contre elle : «La population est fatiguée. Avant, avec 5 000 francs CFA, je faisais des réserves. Aujourd’hui, ce n’est même plus suffisant pour un repas décent. »

A en croire les initiateurs, cette mobilisation n’est que la première étape d’un combat « de longue haleine » pour le collectif « 30 Jours pour le Juste Prix ».

Organisé en dehors de tout cadre politique, ce mouvement entend rester un « cri du ventre » populaire, jusqu’à ce que les prix, du poisson aux loyers, deviennent enfin accessibles.

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