Dette cachée, dette odieuse, leviers : point de vue sur ce passage de l’ITV de Sonko, qui a créé une polémique

Un passage de l’entretien d’Ousmane Sonko avec France 24 et RFI, où ils abordent la dette du Sénégal, a créé une polémique avec différents commentaires. Nous avons jugé nécessaire d’apporter des éclaircissements en ce qui concerne la « dette cachée » et celle dite odieuse, ainsi que notre compréhension du mot leviers, que Sonko a utilisé dans ce contexte.

D’après notre compréhension, Ousmane Sonko soutient qu’étant Premier ministre, il n’avait pas tous les leviers (c’est-à-dire tous les moyens d’action) pour demander l’annulation de la dette.

À la relance de la journaliste :

-Vous auriez pu demander son annulation comme une dette odieuse.

-Ousmane Sonko déclare : « Dette odieuse, vous utilisez le terme, je l’ai utilisé une ou deux fois ». Avant de poursuivre : « C’est tout une procédure (la demande d’annulation). Je n’avais pas tous les leviers, j’étais un simple Premier ministre… Quand je parlais à certaines occasions, je parlais en tant que chef de parti politique qui donne son opinion. (…). Cette dette elle est effectivement pour partie odieuse. Il faut du courage politique pour poser ce débat là et j’espère que l’exécutif actuel prendra ses responsabilités (…) et discuter pour l’annulation d’une partie de la dette. »

L’autre chose à comprendre, c’est la nuance entre la « dette cachée » qui fait référence à des emprunts contractés par un État ou une entité publique qui n’ont pas été divulgués aux citoyens, aux investisseurs ou aux institutions financières internationales, et qui sont généralement exclue des bilans comptables officiels et des statistiques de la dette publique jusqu’à sa découverte.

Et la « dette odieuse » qui est « un concept juridique international stipulant qu’un emprunt contracté par un régime autoritaire, à l’encontre des intérêts de la population et à l’insu de celle-ci, n’est pas opposable au nouveau gouvernement démocratique ; et par conséquent, la population n’a aucune obligation de la rembourser. »

Coumba Ndoffène Diouf, journaliste

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