DPG d’Al Aminou Lô : au-delà du discours, le jour où Sonko a changé de tribune

L’Assemblée nationale a vécu, mardi 8 septembre 2026, une journée parlementaire particulièrement suivie avec la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Au-delà des annonces du gouvernement, la séance a surtout été marquée par une image symbolique : celle d’Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, dirigeant les débats de celui qui lui a succédé à la Primature.

Quelques mois plus tôt, Sonko se trouvait encore au cœur de l’Exécutif. Mardi, il était au perchoir, chargé d’organiser les débats, de distribuer la parole et de veiller au respect du règlement. L’ancien Premier ministre, habitué à défendre l’action gouvernementale, doit désormais adopter une posture d’arbitre institutionnel.

Lorsque les échanges se sont tendus, il s’est montré ferme dans la conduite des débats, rappelant les règles et allant jusqu’à menacer d’expulsion en cas de nouvelle perturbation. Une séquence qui illustre le nouveau rôle qu’il entend assumer à la tête du Parlement.

Sur le fond, Ahmadou Al Aminou Lô a présenté les principales orientations de son gouvernement et les priorités destinées à répondre aux défis du Sénégal. Son discours s’est inscrit dans une logique de continuité, notamment à travers la poursuite des orientations définies lors de la précédente Déclaration de politique générale d’Ousmane Sonko et des sept ruptures annoncées à l’époque.

Le changement de Premier ministre ne signifie donc pas nécessairement un changement de cap. Les responsabilités évoluent, mais la vision politique demeure le référentiel de l’action gouvernementale.

La séance a également été marquée par des échanges parfois vifs entre majorité, opposition et gouvernement. Mais le Parlement est précisément le lieu de la contradiction. C’est désormais à Sonko de trouver l’équilibre entre l’expression des divergences, le respect du règlement et le bon fonctionnement de l’institution.

Son passage au perchoir ouvre ainsi une nouvelle étape de sa trajectoire politique. Son poids demeure important, mais sa fonction impose une autre posture : transformer son autorité politique en autorité institutionnelle.

Après la DPG, le véritable défi commence. Les engagements annoncés devront se traduire en politiques publiques et en résultats concrets pour les Sénégalais. Le gouvernement devra passer de la parole à l’action, tandis que l’Assemblée nationale devra pleinement exercer sa mission de contrôle.

Le mardi 8 septembre, l’image forte restera donc celle d’Ousmane Sonko passant de la tribune gouvernementale au perchoir parlementaire, sans véritablement quitter le centre du jeu institutionnel sénégalais.

La fonction a changé. Le défi, lui, ne fait que commencer.

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