FINANCES PUBLIQUES : ENTRE AMBITION ET RÉALISME !!!

La Loi de finances rectificative (LFR) 2026 vient réajuster l’ambition du Gouvernement pour la rapprocher de la réalité économique.

Clin d’œil aux experts du Ministère en charge de l’Eau et de l’Énergie du Tchad, que j’ai eu le plaisir de former avec le Dr Mame Mor Sene sur ces questions. Je leur disais souvent : dans la programmation budgétaire, il faut être ambitieux, mais aussi réaliste, sinon la LFR finira par vous y obliger.

Quoi de plus normal, en effet, que de revoir les prévisions lorsque l’activité économique est moins dynamique et que le secteur privé connaît des difficultés de productivité ?

La LFR nous renseigne que la croissance est révisée de 5 % à 2,7 %, tandis que les recettes publiques passent de 6 188,8 à 5 848,7 milliards FCFA.

Dans le même temps, les dépenses publiques augmentent, passant de 7 433,9 à 7 583,9 milliards FCFA. Et l’un des principaux facteurs de cette pression est le coût de l’énergie : les subventions énergétiques passent de 250 à 790,3 milliards FCFA, certainement cette LFR vient de clore la thèse de la restructuration. À moins qu’on change la définition technique.

Donc, la conséquence est logique : lorsque les recettes diminuent alors que les dépenses augmentent, le déficit budgétaire se creuse, passant de 1 245,1 à 1 735,2 milliards FCFA, soit 7,6 % du PIB.

À ce stade, il faut saluer la sincérité budgétaire du Ministre en charge des Finances et de l’Économie, qui permet de mieux apprécier la situation réelle de nos finances publiques.

Mais le plus important commence maintenant : comment retrouver progressivement nos marges budgétaires sans sacrifier l’investissement, les services publics essentiels et nos ambitions de transformation économique ?

Pour moi, les priorités sont claires : renforcer la mobilisation des recettes, maîtriser les dépenses, préserver l’investissement productif et renforcer notre diplomatie économique afin d’attirer davantage d’investissements privés internationaux.

L’accord avec le FMI peut également contribuer à restaurer la confiance et à faciliter la mobilisation de financements complémentaires. Mais au-delà du financement, l’enjeu demeure celui de la transformation de notre économie et du renforcement de notre secteur privé.

Être ambitieux dans la programmation, oui. Mais savoir ajuster la trajectoire lorsque la réalité l’impose, c’est aussi faire preuve de responsabilité.

Bachir NDIAYE /Economiste/Enseignant associé à l’Institut des Politiques Publiques
Laboratoire d’Analyse des Politiques de Développement – UCAD

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