Projet de loi de finances rectificative 2026 : Ce qu’il faut retenir

Le gouvernement sénégalais vient de franchir une étape décisive pour réajuster sa trajectoire économique. Déposé officiellement le 18 septembre 2026 sur la table de l’Assemblée nationale, le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l’année 2026 dessine les contours d’une année budgétaire marquée par la prudence et la nécessaire reconfiguration des aides publiques

Une croissance freinée par la conjoncture internationale

Initialement projetée à 5 %, la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) sénégalais subit un net coup de frein pour s’établir désormais à 2,7 % pour l’année 2026. Cette révision à la baisse s’explique principalement par les contrecoups d’un choc pétrolier mondial et par un recul notable des recettes attendues.

Parallèlement, la baisse des recettes fiscales et la contraction des investissements publics, combinées à une hausse mécanique des dépenses de fonctionnement, creusent le solde budgétaire. Le déficit est ainsi réévalué à 7,6 % du PIB, contre les 5,4 % initialement prévus, représentant un gap de 1 735 milliards de FCFA.

L’explosion de la facture énergétique

Au cœur de ce réajustement budgétaire se trouve la flambée des coûts des hydrocarbures sur le marché international. Sous l’effet de la hausse du prix du baril, l’enveloppe allouée aux subventions à l’énergie subit une augmentation spectaculaire. Elle bondit de 250 milliards à 790,3 milliards de FCFA, ce qui représente désormais 3,5 % du PIB national.

Face à cette charge financière devenue insoutenable à long terme pour les finances publiques, le PLFR 2026 amorce un virage stratégique majeur : la fin progressive des subventions généralisées. L’exécutif mise désormais sur un ciblage précis du soutien étatique, qui sera réorienté prioritairement vers les ménages les plus vulnérables et le secteur des transports collectifs.

Le renforcement de la protection sociale

Pour atténuer l’impact de cette transition économique sur les populations à faibles revenus, l’État intensifie ses mécanismes de solidarité nationale. Le budget consacré aux bourses de sécurité familiale se voit ainsi doublé, passant de 35 milliards à 70 milliards de FCFA.

Ce texte budgétaire crucial est désormais entre les mains des députés de la XVe Législature, qui devront examiner les priorités et arbitrer les mesures d’urgence face aux réalités macroéconomiques du moment.

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