Réforme électorale : Takku-Wallu renonce au recours constitutionnel et assume sa position
Le groupe parlementaire Takku-Wallu Sénégal a finalement décidé de ne pas saisir le Conseil constitutionnel contre la récente modification de la loi électorale, malgré ses critiques contre une réforme jugée favorable au Premier ministre Ousmane Sonko. Une décision que le député Abdou Mbow défend fermement face aux attaques d’une partie de l’opposition.
Malgré sa promesse initiale de saisir le Conseil constitutionnel, le groupe parlementaire Takku-Wallu Sénégal, principale force de l’opposition avec 16 députés, a finalement renoncé à introduire un recours contre la modification de la loi électorale adoptée par l’Assemblée nationale. Une réforme que cette coalition juge pourtant « taillée sur mesure » pour « sécuriser » une éventuelle candidature du Premier ministre Ousmane Sonko à l’élection présidentielle de 2029.
Face aux critiques suscitées par cette décision, le député Abdou Mbow a défendu la position de son groupe dans une interview accordée au journal Les Échos. « Nous assumons pleinement notre décision de ne pas faire recours devant le Conseil constitutionnel », a-t-il déclaré, estimant que Takku-Wallu « n’a aucune leçon à recevoir de quelque collègue que ce soit ».
Le parlementaire a rappelé qu’avant l’installation de la législature, son groupe avait tenté de fédérer l’ensemble des députés de l’opposition autour d’un bloc parlementaire plus puissant. « À l’exception de Abdou Karim Sall, tous les autres ont refusé de se joindre à nous », a-t-il affirmé, appelant au « respect » des choix politiques opérés par son groupe.
S’en prenant également à Tafsir Thioye, Abdou Mbow a déclaré que ce dernier « n’a jamais voulu se joindre » aux précédents recours déposés devant le Conseil constitutionnel. « Donc aujourd’hui, ce n’est pas à lui de nous donner des leçons », a-t-il ajouté.
Dans son communiqué, Takku-Wallu Sénégal justifie aussi son renoncement par sa volonté de ne pas « interférer dans les tensions internes qui secouent le parti au pouvoir », évoquant notamment le supposé duel entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Le groupe affirme ne pas vouloir « prendre position pour des querelles partisanes qui se jouent de l’intérêt du Sénégal ».
De leur côté, les députés non-inscrits maintiennent leur intention de saisir le Conseil constitutionnel afin de contester la réforme électorale. Selon Thierno Alassane Sall, ils disposent actuellement de 13 signatures et recherchent encore quatre soutiens supplémentaires pour atteindre les 17 signatures nécessaires au dépôt du recours.
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