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340 milliards de la BM : un non-sens financier quand le marché régional offre mieux (Par Pape Fara Ndiaye)

Prioriser la Banque mondiale pour des emprunts de plus de 340 milliards relève d’un manque de vision, mais aussi d’ambition pour réellement faire bouger les choses. Rien que sur la période 2025-2026, le Sénégal, sous l’impulsion de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, avait réussi à lever plus de 1 200 milliards sur le marché financier régional. Les émissions obligataires ont dépassé les montants requis de 30 à 50 %, et ce, sans recours au FMI ni à la Banque mondiale.

Des pays comme le Ghana ou certaines nations d’Afrique australe ont choisi de se passer de ces institutions de Bretton Woods et ont retrouvé une certaine stabilité économique et financière, avec des comptes beaucoup plus équilibrés.

S’endetter, oui, mais à condition que cet endettement soit viable, avec des taux d’intérêt bas et stables. C’est un choix politique fort, qui présente des avantages certains, notamment sur le coût de refinancement de la dette – autrement dit, remplacer les anciennes dettes par de bonnes dettes à moindre coût.

Les risques liés aux prêts accordés par la Banque mondiale sont permanents, mais aussi invisibles : alourdissement de la charge de la dette, hausse des taux d’intérêt mondiaux corrélée à l’inflation, alors que nos économies restent fragiles et instables. Les chocs exogènes, comme les crises économiques internationales, ne font qu’aggraver le stock de la dette publique.

D’ailleurs, la note du Sénégal auprès des agences de notation a été dégradée à B- le 28 mars 2026, après une première baisse en février 2025, puis une nouvelle dégradation en juillet 2025. En l’espace de quatre mois, le Sénégal a perdu trois niveaux de notation.

Mais qu’est-ce qu’on ne nous dit pas ?
Qu’est-ce qui a changé entre-temps ?
Les institutions de Bretton Woods n’ont jamais accordé de prêts, surtout aux pays du Sud, avec une telle note dégradée à plusieurs reprises – alors même que le pays n’est ni en défaut de paiement, ni en restructuration.

Il fallait, encore une fois, privilégier le marché financier régional, qui offre de bons taux et présente beaucoup moins de risques.

Pape Fara ndiaye
Pastef Grand-Yoff/JPS

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