PLFR 2026 : PASTEF refuse d’adopter le texte en l’état et pose cinq conditions

Le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes a annoncé, dans un communiqué publié le 23 octobre 2026, sa décision de ne pas adopter en l’état le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. À l’issue de deux journées de travaux en Commission des finances et du contrôle budgétaire, les députés de la majorité ont exprimé des réserves sur plusieurs arbitrages budgétaires et sur les garanties d’information et de contrôle accordées au Parlement.

Le groupe parlementaire précise que sa position ne remet pas en cause la nécessité de réviser le budget pour tenir compte des nouvelles contraintes économiques. Il déplore toutefois le manque de considération institutionnelle accordée, selon lui, aux préoccupations de la majorité parlementaire et aux demandes de la commission compétente.

Pour parvenir à un accord avec l’exécutif avant la séance plénière, PASTEF-Les Patriotes a formulé cinq principales exigences.

La première porte sur la préservation de l’investissement public et des priorités sociales. Le groupe demande le réexamen des coupes budgétaires affectant notamment la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’hydraulique, les infrastructures et l’industrie, tout en privilégiant les économies sur les dépenses non essentielles.

La deuxième concerne la protection du pouvoir d’achat des ménages. Les députés estiment que toute réduction des subventions énergétiques doit être accompagnée d’une baisse de la taxation des produits pétroliers et des coûts d’approvisionnement et de production de l’électricité, afin d’éviter une hausse des prix supportés par les ménages et les entreprises.

Le troisième point porte sur la transparence des 120 milliards de FCFA du Projet autonome de réponse d’urgence contingente (CERP). Le groupe réclame la transmission des accords conclus avec la Banque mondiale, ainsi que des explications sur l’origine, l’affectation et l’imputation budgétaire des ressources. Il souhaite également connaître les conséquences des reports de crédits sur les projets d’investissement.

PASTEF demande, en quatrième lieu, une réduction du train de vie de l’État et un meilleur encadrement des fonds spéciaux. Il préconise notamment l’accélération de la rationalisation du secteur parapublic, avec la suppression envisagée de 19 entités et des économies budgétaires nettes d’au moins 55 milliards de FCFA sur trois ans.

Enfin, le groupe exige davantage de transparence sur la dette publique et la sincérité des déficits projetés pour 2026 et 2027. Il réclame notamment la communication des rapports d’audit de l’Inspection générale des finances sur la dette non financière et de Forvis Mazars, ainsi que des précisions sur les engagements financiers de l’État et la soutenabilité de la dette.

Malgré ce refus d’adopter le texte en l’état, le groupe parlementaire se dit ouvert au dialogue avec le gouvernement. Il estime que le redressement des finances publiques ne doit se faire ni au détriment du pouvoir d’achat des Sénégalais ni au prix d’un sacrifice des investissements nécessaires au développement du pays.

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